Pédalons dans la savane
4 personnes, 4 vélos, 4 mois, 4 pays (non... 5 en fait). De Nairobi (Kenya) aux Chutes Victoria (Zambie) en traversant la Tanzanie, le Mozambique et le Malawi. Plus de 5000 kms avec la seule force de nos guibolles... et on espère, le vent dans le dos...

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De l'impermeabilite des frontieres dans un monde globalise

   Dans la categorie serie noire, je demande : ces derniers jours en Tanzanie !

   Apres cette journee de car tout terrain que Clotilde est sans doute en train raconter dans son article, nous partons pour la frontiere du Mozambique. Nous sommes tres contents a l'idee de la franchir, parce qu'on a envie de prendre un nouveau depart apres ce qui nous est arrive. On a juste envie de quitter la Tanzanie et de voir autre chose, d'autant plus qu'on (enfin je en tous cas) devient un peu paranos : quand on voit des mecs a motos, quand les gens nous parlent un peu agressivement... donc on entame la piste de 40 kilometres qui separe Mtwara de la frontiere. Ce n'est pas un chemin facile : plein de sable, si bien qu'on est souvent obliges de descendre, des montees plutot raides, et des gens partout, qui, trop surpris de voir des mzungus a velo pres de chez eux, n'arretent pas de nous crier des trucs. Fatigant.

   Nous arrivons donc vers 13h sous le cagnard  au poste de controle de l'immigration tanzanien, et la, gros coup dur : il nous sera impossible d'avoir un visa a la frontiere. Si on veut pouvoir rentrer au Mozambique, il faudra revenir a Dar se faire faire un visa, et refaire toute la route. Completement deprimes, nous achetons un soda le temps de decider ce qu'on fait. Nous sommes d'autant plus contraries que plusieurs personnes nous avaient avertis sur ce risque, mais comme le consul nous avait dit qu'il pensait qu'il n'y aurait pas de probleme et que le petit fute aussi, nous y etions alles confiants. Bref, c'est la qu'une fois de plus nous avons eu de la chance dans notre malchance :deux gars ( un ecossais et un australien ) passent a ce moment la dans un gros 4*4 ; nous les arretons ; ils vont a la frontiere et reviennent ensuite a Mtwara. Ils ne peuvent pas nous prendre avec nos velos bien sur, mais nous leur confions nos bagages et l'adresse de l'hotel ou nous comptons revenir, on echange les numeros, et nous commencons a rentrer, alleges mais depites, a Mtwara. 

   Trois bonnes heures plus tard, nous arrivons en ville. Les gars vont acheter deux trois trucs, et Clotilde et moi allons a l'hotel recuperer les bagages et nous installer dans les chambres. Mais mauvaises surprises : pas de bagages, et l'hotel est complet. Nouveau coup dur. Nous essayons d'appeler l'australien, Mark, on donne le papier avec le numero au receptionniste de l'hotel, mais ses deux (!) portables s'eteignent faute de batteries avant qu'on ait pu envoyer un mesage. Et entre temps, il a perdu le numero qui etait dans sa main : on avait l'impression de vivre un cauchemar, vraiment. On finit par retrouver le numero (dans un tiroir !), les gars reviennent, on reussit a joindre Mark qui en fait etait alle a la plage et arrive finalement avec nos bagages. Ouf ! Mais le probleme c'est que les hotels et guest houses du centre-ville sont pleins, ou tres chers. Nous, avec nos gros sabots, nous demandons a Mark s'il ne connait pas un coin ou poser notre tente... son jardin, par exemple ?! Mais il partage une maison avec huit autres employes de sa boite, alors ca ne le fait pas. Heureusement, tres serviable, il nous propose de nous aider a trouver une piaule, avec l'aide de son chauffeur qui connait bien le coin. Clotilde et Olivier montent dans son 4*4, Guilhem et moi gardons les velos. La demie-heure la plus longue de notre vie : dans la nuit, fatigues, sales et decourages, je pense qu'un petit diable nous aurait propose un billet retour, on aurait pactise aussitot. Mais heureusement rien de tel, parce que le reste de la soiree a ete tres agreable : finalement ils ont trouve une super petite guest house pas cher avec des gens adorables, un peu loin du centre mais pres de la plage ! 

   Le couple qui tient l'hotel est tres charmant : la femme est une vraie poupee africaine, tres jolie, tres coquette avec ses tenues pleines de couleurs, et tres serviable. Son mari, bien plus vieux qu'elle, est un homme tres cultive qui travaille comme ingenieur en irrigation. Nous buvons deux bieres avec eux et il nous explique plein de choses sur son pays, sur l'agriculture, la politique, en comparant avec les pays voisins. Il nous propose de nous conduire le lendemain matin a l'office de l'immigration pour prendre des infos.

   Le lendemain matin, les gars partent donc avec lui et nous restons discuter avec Asia, la gerante de l'hotel. En fait, elle est institutrice, mais ce sont actuellement les vacances en Tanzanie (un mois en juin et un mois en decembre). L'hotel et le petit magasin ne sont que des complements de revenu pour son mari et elle. Ce qui l'oblige quand meme a y aller tous les soirs apres l'ecole. Nous sommes effarees d'apprendre que dans ses classes de primaire, elle a entre 70 et 100 eleves !!! Quand ils n'ecoutent pas ? elle leur chante une chanson ! Meme en primaire, les enseignants sont specialises : elle fait l'histoire et le swahili, si bien qu'elle a 4 classes (imaginez le nombre d'eleves !!!). Elle fait 28 periodes de 40 min par semaine. Et le salaire est d'un peu plus de 100 euros. Alors, le systeme scolaire tanzanien, un modele pour tous ? Apres elle nous a raconte plein de trucs de fille sur les tenues et les coiffures des africaines, c'etait un chouette moment.

   Les gars reviennent : pas de doute, la seule possibilite est de retourner a Dar... ou alors, plus audacieux (mais la fortune leur sourit-elle vraiment toujours ???), prendre un bateau de pecheur pour arriver directement au Mozambique et faire notre visa la-bas... nous allons nous renseigner au port de peche, mais on renonce vite a cette solution : d'abord, c'est illegal, et on avait peur de se faire attraper par la police. Ensuite, il n'y avait que des bateau a voiles, et le trajet aurait dure 3 jours !!! Horrible. Sans parler du risque de se faire depouiller, ou d'echouer quelque part dans l'ocean indien... bref on a vite renonce, j'espere que vous comprendrez !! Nous nous rabattons donc sur les moyens legaux : retour a Dar, nous attendrons nos visas 5 jours, et nous repartirons...

   Probleme : aucune envie, mais alors aucune, de refaire le trajet en bus. Or, il existe un avion qui fait la liaison Dar-Mtwara, bien plus cher que le bus evidemment ... Les garcons choisissent quand meme de le prendre et ils y sont en ce moment meme, tandis que Clotilde et moi nous avons pris l'avion hier soir. C'est vrai qu'en tant que (peut-etre) futures porteuses de rejetons qui feront honneur a nos familles et a notre patrie, nous nous devons d'economiser nos corps fragiles ! Les garcons n'ont pas ce genre de probleme a se poser, les veinards. Pour la premiere fois du voyage nous sommes un peu separes, mais je laisse Clotilde raconter notre folle soiree d'hier !

Eva

 

P.S. : je me rends compte que, de la meme maniere que les mauvais politiciens sont des sources intarissables pour les chroniqueurs, les problemes sont plus croustillants a raconter que les belles journees sereines ! J'espere juste que l'article n'est pas trop long !


Publié à 13:29, le 20 juin 2011 dans News, Journal de bord, Dar es Salaam
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Commentaires (6) | Ajouter un commentaire | Lien

Souvenirs, souvenirs

Ayant fait de longs séjours en Afrique, je trouvais que tout était trop simple pour vous.
Là, vous pouvez dire que vous y êtes vraiment !!
Concernant vos voyages en bus, ça m'a rappelé de bons souvenirs, avec des petits gamins sur les genoux qui ne nous avaient jamais vus mais ne disaient rien pendant des heures, sans parler des poulets vivants attachés par les pattes qui glissaient sous les sièges, les pannes de bus etc...Quant aux "agréables rencontres", elles ont toujours lieu quand les hommes ne sont pas là.
Nous attendons avec impatience la suite...

Publié par Sabine de Mels à 11:26, 22 juin 2011

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Commentaire sans titre

Il semblerait que vous ayez repris du poil de la bête après toutes ces galères... C'est chaud ce qui vous est arrivé, merde!
Eva, je croyais que tu voulais attendre la trentaine pour faire des marmots!

Gros bisous et que la force soit avec vous!

Marjolaine, from Foix beach

Publié par Marjolaine à 11:50, 22 juin 2011

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3 pas en avant, 3 pas en arrière!!

bon , on espère pour vous que vous allez arriver au but, mais bravo rien ne vous décourage!!!!!
on espère que vos gars n'aurons pas trop les reins cassés par le 2ème voyage en bus, vous avez eu la part belle les filles, mais vous aviez un argument très valable!!!
on attend le CR du retour en bus

Publié par A.Marie à 12:55, 22 juin 2011

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bakchich ??

Et en soudoyant les douaniers pour le visa à la frontière ca n'a pas marché non plus ??
Parce que le montant aurait pu être inférieur au prix des billets d'avion, de retour en bus et de reretour en busavion pour de nouveau aller à la fonrtière plus les hotels et tout ...
Comme d'autres l'ont dit, le début était trop simple, trop idyllique ;-)) fallait que ça se corse à un moment donné pour avoir vraiment le sentiment de l'aventure.
grosses bises à vous.

Publié par Cecile F. à 16:25, 22 juin 2011

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Commentaire sans titre

Que d'aventures en peu de temps!
Je reconnais tout de suite quand c'est toi Eva qui écrit avec des descriptions de détails, et ton sens de l'observation (c'est très agréable)
Pauvre institutrice, maintenant Clotilde et Eva vous ne pourrez plus vous plaindre sur seulement vos classes de 30 élèves , bruyantes (fallait penser à chanter des chansons!!!)et fatigantes!
Comme tu dit dans ton PS c'est vrai que c'est dans les mésaventures qu'on à le plus de choses croustillantes à raconter, et c'est de même très intéressant pour nous lecteurs! Enfin un peu de péripéties, de suspens, de rebondissement, de dénouement!! Plus besoin de roman policier!
Bon courage quand même pour la suite (pour les filles sa à l'air d'aller), et plein de bisous à vous 4

Publié par célia G à 20:04, 24 juin 2011

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Eh bien...

... Que dire... ? Si je ne fais qu'aujourd'hui mon grand retour sur ce blog richement alimenté, rassurez-vous, je l'ai lu en intégralité. Mais la fin de l'année fut, disons, fatigante, agitée, surbookée... je vous raconterai. Désolée de n'avoir pas été plus présente ici !

Pour ce qui est de vous, le repos n'a pas été de mise semble-t-il... Après l'étape très idyllique à Zanzibar - où chacun, il faut bien l'avouer, salivait en lisant vos billets - les ennuis vous sont tombés dessus comme grêle sur les récoltes. C'est des épreuves que l'on apprend, paraît-il, mais tachez de ne plus en abuser à présent : ça se consomme avec modération.
Nous pensons bien fort à vous quatre et et souhaitons qu'après tant de déboires le voyage vous sourie à nouveau (j'en suis sûre !!). De plus je vous sais capables de rebondir après n'importe quelle situation, n'est-ce pas ?

Et maintenant je suis en vacances, alors je ne vous lâche plus.

Publié par Célia (gers) à 18:38, 2 juillet 2011

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